Habemus Papam…

J’ai suivi en direct l’annonce du nouveau Pape hier soir.

De retour de ma séance piscine. La nuit, les petites routes et France Inter… J’aime ces moments rien que pour moi. Je me souviens du livre « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules » de Delerm. Le passage sur l’annonce de la mort de Brel, à la radio, dans la voiture.

Moi c’était le nouveau Pape. Un moment un peu surnaturel car en fait, initialement, je ne me sentais pas très concernée même si, oui cet homme joue une rôle important. Mais comme tout va de travers, je ne pense pas que le Pape puisse redresser la barre du monde. Enfin, bref, je me suis prise au jeu malgré moi, je me suis retrouvée unie avec la ferveur et l’excitation de la place Saint Pierre. L’annonce en latin a contribué à ce sentiment mystérieux de vivre un grand moment…

Puis je suis arrivée chez moi, j’ai embrassé ma fille et j’ai mangé des pâtes.

Je reste une mécréante, amis croyants ne me jugez pas. C’est dur de ne pas croire, c’est dur de se dire qu’il n’y a rien ni après ni avant si ce n’est l’empreinte qu’on laisse au sein de ceux qu’on a aimé. J’envie parfois les croyants, je me dis naïvement que cela doit être un peu plus facile pour eux.

Où est-il ce petit bonhomme de 10 ans qui nous a quitté il y a quelques semaines?

Nous avons raconté des bêtises à notre fille, des choses que nous ne pensons pas mais comment lui dire que c’est fini, qu’il se décompose tranquillement 2 mètres sous terre?

A quart de portion, son père lui a servi la même chose mais avec plus de réserve. Quart a répondu « et si il n’y a rien? ». Le père n’a pas répondu grand chose. Quart est reparti sur le ciel, c’était plus commode finalement. Une dernière chose l’a gêné. Le jour où il retrouvera son ami, lui aura grandi, l’autre sera toujours un enfant, il ne voudra donc pas jouer avec lui?!

On ne sait pas Quart, on ne sait pas. Dans cette histoire qui n’a ni queue ni tête, des enfants meurent laissant leurs amis se demander comment ils feront pour jouer le jour des retrouvailles…

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Parfois…

…parfois on a l’impression de tout rater.

On souhaiterait assurer un climat serein, de l’échange, de l’écoute, une maison rangée et propre, de bons repas équilibrés, du temps pour leurs activités, recevoir les copains, de l’argent pour tout ce dont ils ont besoin  mais aussi pour leur faire découvrir du pays, faire de belles expériences.

Mais voilà, forcément, il y a des ratés, pas sur tous les plans, pas tous les jours mais parfois on s’est emporté, on a crié… on est triste et fatigué, on a plus de mal à tout gérer côté logistique… bref parfois nous ne sommes pas à la hauteur de nos principes et ce matin je me suis dit « on a tout raté » et j’ai eu mal.

 

Tout le monde à la même enseigne…

… c’est la clef du succès je crois… c’est le sésame pour de bonnes relations, du respect et peut-être même, soyons fous, de la sérénité. Traiter ses beaux-enfants comme ses propres enfants ou, si on n’en a pas,  comme on pense que l’on traiterait nos propres enfants. Et faire attention à nos maladresses, souvent combattre notre naturel.

Il y a les trucs évidents. Deux exemples:

– Mon oncle, déjà papa de deux filles de 10 et 6 ans , s’est remarié. Il a fait construire une magnifique villa. Une des chambres devait être celle des filles. Elles s’y projetaient, avaient envisagé comment l’aménager (surtout l’aînée). Une fois la maison terminée, elles ont découvert que leur chambre était en fait une chambre d’amis qui les accueillerait lors de leurs séjours mais qui ne leur était pas dédiée. Ma cousine évoque encore ce souvenir les yeux embués de larmes.

-Un autre exemple dans la famille de l’Ex de mon homme. Demi et Quart de portion ont chacun leur propre chambre. Ils sont présents dans cette maison à peu près la moitié de l’année. Et les 3 garçons du nouveau mari de Madame Ex , qui ne viennent pour leur part qu’un week-end sur deux et la moitié des vacances, ont une chambre pour trois. Sachant qu’il y a par ailleurs, au moins une chambre d’amis. Et bien moi je n’en reviens pas. Je ne raisonne pas comme ça. J’aurais réparti les enfants autrement. J’aurais fait des chambres plus petites, bref, je me serai arrangée pour que chacun se sente réellement accueilli dans cette maison.

Chez nous, nous avons fait 4 chambres à l’étage. Ma fille occupe la plus petite. Pourtant elle, elle vit là à temps plein. Oui, mais elle est la plus petite et avant qu’elle occupe réellement sa chambre la journée, quelques années vont passer. On se reposera la question plus tard. Je ne dis pas que parfois cela ne me coûte pas de raisonner ainsi mais je crois que la souffrance de mes cousines m’a aidé à faire au mieux pour les enfants, à faire juste. Même budget cadeau, voire plus gros budget pour les garçons cette année car plus on est grand, plus on aime les trucs chers… Je suis vigilante sur de nombreuses choses. Je fais mes courses en fonction d’eux. Je leur donne des choses qui me sont précieuses car je vois qu’elles leur seront plus utiles qu’à moi. Je me massacre le cerveau et fiche le boxon dans ma cuisine à chaque anniversaire pour qu’ils aient un gâteau personnalisé et que le goûter avec leurs copains soit réussi, même quand la puce avait deux mois, que j’étais crevée, que franchement, ça m’a coûté. Mais je l’ai fait. J’ai préparé leur chambre avant chacun de leur retour (tout rangé, nettoyé, lits faits). J’ai arrêté depuis peu car ils sont plus grands mais je les aide et je remets quand même un peu d’ordre avant leur arrivée car comment se sentir bien dans le chaos qu’ils ont laissé la fois d’avant? Je ne suis pas altruiste. Je sens juste que c’est le mieux à faire, que c’est ainsi qu’on est arrivé à une relation familiale tous ensemble. J’ai toujours agit comme si c’était les miens, au moins au niveau du matériel. Bien sur que je n’aurai jamais le même lien qu’avec ma fille. Mais on a quand même quelque chose de fort qui nous lie les uns aux autres et je crois que mes efforts n’y sont pas étrangers.

Souvent, pour la belle-mère, les beaux-enfants représentent la vie d’avant. Il y a une sorte de jalousie je crois. « Il l’aimait tant qu’il lui a fait ces enfants ». Mon chéri m’a toujours dit « si ça avait été si bien que ça, nous serions restés ensemble. Ça ne pouvait pas marcher, c’est pourquoi toi et moi sommes ensembles maintenant ». Ces enfants sont le symbole d’un amour passé et d’un échec et surtout, surtout, ils morflent au passage et sont innocents. Cela ne leur donne certainement pas tous les droits mais ils conservent le droit d’être traités avec tous les égards pour ce qu’ils sont, des enfants…

Reprise – une journée de ma fille chez l’Ex?

Oui, j’ai abandonné quelque peu ce blog ces dernières semaines… J’avais du mal avec les futilités. Quel sens donner aux futilités quand la mort frappe?

Bref, je m’y remets parce qu’on en a besoin finalement, parce que notre vie ne peut pas se résumer aux choses graves et importantes et je m’en viens vous parler de la question du moment dans ma maison :Notre fille ira ou n’ira-t-elle pas chez l’Ex passer une journée avec ses frères?

Demi-portion le demande. Quart de portion n’affiche pas d’avis. Ma fille ne dirait pas non, elle adore Madame Ex. Mon homme est d’accord. Et moi je suis la chieuse qui dit non… et qui dit qu’elle n’a pas de bonne raison. Ça c’est le pompon, non? Mais finalement, la petite boule au fond de la gorge qui dit non non non, c’est pas une bonne raison ça? C’est ma seule justification. Je ne veux pas que ma fille rentre dans cet autre univers. Et puis elle va y aller une après-midi, une journée? et après un week-end, des vacances?

Quelqu’un d’intelligent (ma mère) m’a, fort justement, fait remarquer que je ne pourrai plus dire non quand ma fille me le réclamera elle-même dans quelques années. Oui, c’est sans doute vrai mais « chaque chose en son temps ». Pour l’instant, c’est NON, c’est sans bonne raison et tant pis!

Et vous, qu’en pensez-vous, avez-vous eu une situation semblable à gérer?