Fondre…

J’ai fondu, oui, littéralement fondu cet été…

Il y a tout d’abord ces kilos que j’ai chassé avec une volonté de fer. C’était incroyable, c’était si facile finalement. Mais depuis, le stress est revenu et l’envie de grignoter avec… hmmm

J’ai fondu également sur le goudron lors de notre fabuleuse aventure asine. 10 jours de randonnée / bivouac avec nos deux ânes, notre petite famille et des amis. Beaucoup de jolis chemins mais un peu de goudron aussi. Et la marche sur le goudron, en plein soleil, c’est… une expérience fatigante ! Nous avons tout de même adoré ces vacances si simples et si riches en émotion et en aventure. Les enfants nous ont épaté !

J’ai fondu lorsque, à l’annonce d’une virée pour un resto en ville avec sa grand-mère, son père et sa fratrie, notre grand bonhomme, m’a dit « Viens, s’il-te-plaît, viens. Ça fait si longtemps qu’on ne s’est pas fait un restaurant tous ensemble ». J’avais initialement prévu de rester travailler, c’était d’ailleurs dans le but de me ménager du temps  studieux que mon homme avait organisé cette virée, et je me suis retrouvée à déjeuner en terrasse entourée de ma petite famille que je trouvais merveilleuse (bon il n’en va pas toujours ainsi).

 

 

Dehors…

Regarder dehors, regarder loin… C’est beau ici, c’est vert et doux, c’est grand. Je prends la voiture, on regarde les vaches, on guette Filou l’âne. Il change toujours de pré ce coquin. Il est là, tu es ravie, tu lui souhaites une bonne journée. Un peu plus loin il y avait le poulain avec sa maman… On les reverra bientôt, quand ils reviendront dans ce pré. Il aura grandit, tu seras ravie de ces retrouvailles derrière la vitre, sur ton siège avec tes tresses et ton sourire… Ma fille. Un peu plus loin c’est le cimetière. Tu dis que c’est chez lui, chez ce petit bonhomme parti en un éclair. Chaque matin, chaque après-midi, mon cœur se broie, c’est tout serré, c’est humide vers les yeux. C’est trop dur et je me surprends à refouler ce sentiment. C’est trop, c’est juste trop… alors on continue avec le sourire. L’école, le sac, les bisous aux enfants et à certains des parents… Le gros câlin et le bisous sur tes joues rebondies. Je repars te laissant à tes jeux et tes rires.

Impuissance

Je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas quoi faire. Banal sentiment d’impuissance.

Ils ont perdu leur fils, leur trésor, leur petit turbulent… Ils sont en ruine et pourtant ils se battent.

Et moi je suis là, je me sens nulle de ne pas pouvoir faire mieux, pouvoir faire plus pour alléger leur chagrin. Je me sens misérable avec ma bonne volonté avec mes essais de trouver des mots à mettre sur leur ressenti. Mais je me sens chanceuse qu’ils nous parlent ainsi, qu’ils viennent nous voir juste après avoir vu le médecin de famille avec qui ils sont arrivés au constat qu’ils n’y arrivent plus seuls. On a rediscuté de tout ça ensemble, elle dit qu’on trouve les mots à mettre sur leur émotion, elle dit que c’est déjà beaucoup, elle est généreuse. Elle se préoccupe de nous, de nos enfants.

Lui est tellement gentil, il a ma fille sur les genoux, il la câline. Il passera la semaine prochaine s’occuper de nos animaux pendant nos vacances. Malgré le drame on fait appel à eux. Parce qu’on sent qu’ils ont besoin  qu’on ne les laisse pas plonger tout au fond. On entretien le même lien qu’avant mais ça ne sera plus jamais pareil.

Petit gars, où que tu sois, tu manques, qu’est-ce que tu manques…

Soleil

Le soleil est revenu et il me fait du bien. C’estdingue, il y a beaucoup d’enjeux, beaucoup de soucis dans nos vies mais quelques jours de soleil ont un impact surprenant. Les tensions dans mon couple disparaissent, je me sents bien plus légère. Je chausse mes lunettes de soleil rouge, mes baskets en toile et je vis un moment de bonheur intense dans ma voiture le temps d’aller chercher ma puce. La radio, les ânes et les vaches sur le bord de la route., tout est doux, tout est bon et je prends, je prends tout.

C’est parfois si simple le bonheur…