Le petit dernier

Et oui et oui, nous avons craqué pour un petit dernier. Il a deux mois et demi…

… il a quatre pattes et il aboie.

Mais je n’avais pas imaginé que ce petit cabot remettrait ainsi en lumière les difficultés de la recomposition. Et oui, je n’avais pas pensé que les grands seraient bien frustrés de ne le voir que la moitié du temps. Et ce qui est surprenant c’est qu’ils sont surtout jaloux de leur soeur mais pas de nous. Ils sont tristes qu’elle puisse en profiter en permanence contrairement à eux. Que nous  nous soyons avec lui en permanence ne leur pose pas de souci.

Je comprends, je comprends que ce n’est pas facile. J’aimerais trouver des solutions pour tout, j’aimerais leur éviter toutes ces frustrations, tous ces bobos au cœur. J’avoue avoir même envisagé de leur proposer de prendre un peu le cabotin chez leur Maman et puis je me suis dit que, non, c’était un peu exagéré… Je suis embêtée avec tous ces câlins, toutes ces mimiques, toutes ces découvertes que le chien fait et qu’ils ne voient pas. Je sais que cela n’est pas si grave, que quand il sera adulte cela ne posera sans doute plus problème mais quand même… Ils n’en finissent pas de subir une situation qu’ils n’ont pas choisi.

Habemus Papam…

J’ai suivi en direct l’annonce du nouveau Pape hier soir.

De retour de ma séance piscine. La nuit, les petites routes et France Inter… J’aime ces moments rien que pour moi. Je me souviens du livre « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules » de Delerm. Le passage sur l’annonce de la mort de Brel, à la radio, dans la voiture.

Moi c’était le nouveau Pape. Un moment un peu surnaturel car en fait, initialement, je ne me sentais pas très concernée même si, oui cet homme joue une rôle important. Mais comme tout va de travers, je ne pense pas que le Pape puisse redresser la barre du monde. Enfin, bref, je me suis prise au jeu malgré moi, je me suis retrouvée unie avec la ferveur et l’excitation de la place Saint Pierre. L’annonce en latin a contribué à ce sentiment mystérieux de vivre un grand moment…

Puis je suis arrivée chez moi, j’ai embrassé ma fille et j’ai mangé des pâtes.

Je reste une mécréante, amis croyants ne me jugez pas. C’est dur de ne pas croire, c’est dur de se dire qu’il n’y a rien ni après ni avant si ce n’est l’empreinte qu’on laisse au sein de ceux qu’on a aimé. J’envie parfois les croyants, je me dis naïvement que cela doit être un peu plus facile pour eux.

Où est-il ce petit bonhomme de 10 ans qui nous a quitté il y a quelques semaines?

Nous avons raconté des bêtises à notre fille, des choses que nous ne pensons pas mais comment lui dire que c’est fini, qu’il se décompose tranquillement 2 mètres sous terre?

A quart de portion, son père lui a servi la même chose mais avec plus de réserve. Quart a répondu « et si il n’y a rien? ». Le père n’a pas répondu grand chose. Quart est reparti sur le ciel, c’était plus commode finalement. Une dernière chose l’a gêné. Le jour où il retrouvera son ami, lui aura grandi, l’autre sera toujours un enfant, il ne voudra donc pas jouer avec lui?!

On ne sait pas Quart, on ne sait pas. Dans cette histoire qui n’a ni queue ni tête, des enfants meurent laissant leurs amis se demander comment ils feront pour jouer le jour des retrouvailles…

Educations bien différentes

J’ai été bien silencieuse ici ces derniers jours…

Et oui, je parlais de recomposition plutôt sereine avec des hauts, avec des bas, mais avec des hauts surtout, en tout cas ces dernières années. Mais ces jours-ci nous sommes dans une période de bas. Trop de différences d’éducation entre les deux familles. Les enfants en font les frais, nous en faisons les frais, et soyons fair-play, la famille de l’Ex subit sans doute également. Nous en étions conscients depuis toujours mais ces derrières semaines cela a pris des proportions dantesques. Et nous voilà, perdus, inquiets, avec le sentiment douloureux que le grand de 12 ans a définitivement basculé dans sa façon de voir à Elle. Ce n’est pas grave en soi, ça ne serait pas grave en soi si nous n’étions pas convaincus que cela lui est néfaste. Se sentir supérieur aux autres, avoir l’impression que c’est normal que tout le monde s’occupe de toi du matin au soir, avoir le sentiment, à 12 ans, que c’est normal que l’on te façonne un monde sur mesure. C’est sans doute un penchant classique à l’entrée dans l’adolescence mais je pensais, qu’en tant qu’adultes, notre rôle était de l’aider à comprendre que le monde n’est pas fait juste pour lui, qu’il rencontrera des injustices, des personnes méchantes et d’autres juste différentes de lui, et qu’il devra composer avec ce monde là, la vie, la vraie.
Et bien non, sa mère veut lui offrir un autre monde et elle œuvre pour ça, oui, elle a du mérite, elle se démène. Jusqu’ici je ne m’étais jamais permise de la juger mais là mes principes ont du mal à tenir bon. Je lui accorde qu’elle fait de son mieux, que c’est son fils, qu’elle veut son bien, qu’elle fait sans doute également des efforts par rapport à nous mais quand même, je trouve difficile ces valeurs si différentes des miennes qui débarquent ainsi chez moi, s’imposent et s’installent.

C’est aussi ça la recomposition, c’est aussi accepter qu’un enfant que vous aimez soit bien éloigné de vos valeurs… Il faut accepter sinon ça sera trop dur pour lui.

On va faire au mieux mais les années à venir s’annoncent bien difficiles.