Retour…

Me voici de retour sur ce blog. Je ne sais pour combien de temps, je ne sais pour quel contenu mais j’ai relu mes anciens articles et ils m’ont plût, vraiment. Comme si je relisais les mots d’une autre sur ma vie. Oui, aussi bizarre que cela puisse paraître, je n’ai pas reconnu mes mots.

Et puis, je me suis dit que ça serait sympa de continuer à l’écrire cette histoire, notre histoire à cinq. Les enfants ont grandi, les liens n’en finissent pas d’évoluer, je n’en finis pas de m’interroger sur la cohésion de notre famille, bref j’ai de la matière!

Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui je me suis juste ré-imprégnée de mon univers.

Je reviendrai…

C’est pô juste !

.. oui « ce n’est pas juste  « , voilà ce qui me vient souvent à l’esprit. Les garçons de mon homme ont toujours eu des pyjamas Petit Bateau, des pantalons Sergent-Major, bref, des fringues top qualités. Ma fille, elle, porte des pyjamas vaguement blancs et souvent trop courts. Et ses vêtements sont tous de seconde main (au moins). Bon, je suis à mon compte et je ne gagne pas des fortunes donc, en effet, cela n’aide pas mais je dois aussi signaler que nous payons toujours une pension « classique » alors que nous avons les garçons en garde alternée. Si j’ajoute à ça le fait que Madame Ex et son mari gagne, à eux deux, le double de mon foyer, et bien, je m’étouffe avec la goutte en trop du vase.

Pourquoi une telle situation? Parce que mon conjoint souhaite éviter le conflit et je le soutiens (j’essaie). Nous souhaitons préserver de bonnes relations (apparentes) avec Madame Ex afin que les enfants grandissent dans un climat détendu. L’argent est le nerf de la guerre. Nul doute que si mon homme affichait sérieusement une volonté de changement, cela changerait la donne.

Pourquoi? Parce que la mère a toujours l’impression que ce sont SES enfants et qu’elle est déjà bien gentille de laisser leur père en profiter autant…

(Je promets de m’en souvenir si j’en venais à me séparer mais bon, on va dire que cela n’arrivera pas… N’est-ce-pas? )

Du coup, je lave et plie les Levis, Pepe Jeans, veste Teddy Smith et autre des garçons et je fais au mieux pour que ma fille ne dépare pas trop dans la cours de récré. Et je me répète mille fois que c’est nul d’être ainsi matérialiste mais j’ai du mal, cette sensation d’injustice demeure.

Bon, je me dis aussi qu’à l’âge de ma puce Demi-portion avait déjà ses parents séparés. Les pyjamas tout doux de Petit Bateau ne devaient pas le consoler…

Tout le monde à la même enseigne…

… c’est la clef du succès je crois… c’est le sésame pour de bonnes relations, du respect et peut-être même, soyons fous, de la sérénité. Traiter ses beaux-enfants comme ses propres enfants ou, si on n’en a pas,  comme on pense que l’on traiterait nos propres enfants. Et faire attention à nos maladresses, souvent combattre notre naturel.

Il y a les trucs évidents. Deux exemples:

– Mon oncle, déjà papa de deux filles de 10 et 6 ans , s’est remarié. Il a fait construire une magnifique villa. Une des chambres devait être celle des filles. Elles s’y projetaient, avaient envisagé comment l’aménager (surtout l’aînée). Une fois la maison terminée, elles ont découvert que leur chambre était en fait une chambre d’amis qui les accueillerait lors de leurs séjours mais qui ne leur était pas dédiée. Ma cousine évoque encore ce souvenir les yeux embués de larmes.

-Un autre exemple dans la famille de l’Ex de mon homme. Demi et Quart de portion ont chacun leur propre chambre. Ils sont présents dans cette maison à peu près la moitié de l’année. Et les 3 garçons du nouveau mari de Madame Ex , qui ne viennent pour leur part qu’un week-end sur deux et la moitié des vacances, ont une chambre pour trois. Sachant qu’il y a par ailleurs, au moins une chambre d’amis. Et bien moi je n’en reviens pas. Je ne raisonne pas comme ça. J’aurais réparti les enfants autrement. J’aurais fait des chambres plus petites, bref, je me serai arrangée pour que chacun se sente réellement accueilli dans cette maison.

Chez nous, nous avons fait 4 chambres à l’étage. Ma fille occupe la plus petite. Pourtant elle, elle vit là à temps plein. Oui, mais elle est la plus petite et avant qu’elle occupe réellement sa chambre la journée, quelques années vont passer. On se reposera la question plus tard. Je ne dis pas que parfois cela ne me coûte pas de raisonner ainsi mais je crois que la souffrance de mes cousines m’a aidé à faire au mieux pour les enfants, à faire juste. Même budget cadeau, voire plus gros budget pour les garçons cette année car plus on est grand, plus on aime les trucs chers… Je suis vigilante sur de nombreuses choses. Je fais mes courses en fonction d’eux. Je leur donne des choses qui me sont précieuses car je vois qu’elles leur seront plus utiles qu’à moi. Je me massacre le cerveau et fiche le boxon dans ma cuisine à chaque anniversaire pour qu’ils aient un gâteau personnalisé et que le goûter avec leurs copains soit réussi, même quand la puce avait deux mois, que j’étais crevée, que franchement, ça m’a coûté. Mais je l’ai fait. J’ai préparé leur chambre avant chacun de leur retour (tout rangé, nettoyé, lits faits). J’ai arrêté depuis peu car ils sont plus grands mais je les aide et je remets quand même un peu d’ordre avant leur arrivée car comment se sentir bien dans le chaos qu’ils ont laissé la fois d’avant? Je ne suis pas altruiste. Je sens juste que c’est le mieux à faire, que c’est ainsi qu’on est arrivé à une relation familiale tous ensemble. J’ai toujours agit comme si c’était les miens, au moins au niveau du matériel. Bien sur que je n’aurai jamais le même lien qu’avec ma fille. Mais on a quand même quelque chose de fort qui nous lie les uns aux autres et je crois que mes efforts n’y sont pas étrangers.

Souvent, pour la belle-mère, les beaux-enfants représentent la vie d’avant. Il y a une sorte de jalousie je crois. « Il l’aimait tant qu’il lui a fait ces enfants ». Mon chéri m’a toujours dit « si ça avait été si bien que ça, nous serions restés ensemble. Ça ne pouvait pas marcher, c’est pourquoi toi et moi sommes ensembles maintenant ». Ces enfants sont le symbole d’un amour passé et d’un échec et surtout, surtout, ils morflent au passage et sont innocents. Cela ne leur donne certainement pas tous les droits mais ils conservent le droit d’être traités avec tous les égards pour ce qu’ils sont, des enfants…

Reprise – une journée de ma fille chez l’Ex?

Oui, j’ai abandonné quelque peu ce blog ces dernières semaines… J’avais du mal avec les futilités. Quel sens donner aux futilités quand la mort frappe?

Bref, je m’y remets parce qu’on en a besoin finalement, parce que notre vie ne peut pas se résumer aux choses graves et importantes et je m’en viens vous parler de la question du moment dans ma maison :Notre fille ira ou n’ira-t-elle pas chez l’Ex passer une journée avec ses frères?

Demi-portion le demande. Quart de portion n’affiche pas d’avis. Ma fille ne dirait pas non, elle adore Madame Ex. Mon homme est d’accord. Et moi je suis la chieuse qui dit non… et qui dit qu’elle n’a pas de bonne raison. Ça c’est le pompon, non? Mais finalement, la petite boule au fond de la gorge qui dit non non non, c’est pas une bonne raison ça? C’est ma seule justification. Je ne veux pas que ma fille rentre dans cet autre univers. Et puis elle va y aller une après-midi, une journée? et après un week-end, des vacances?

Quelqu’un d’intelligent (ma mère) m’a, fort justement, fait remarquer que je ne pourrai plus dire non quand ma fille me le réclamera elle-même dans quelques années. Oui, c’est sans doute vrai mais « chaque chose en son temps ». Pour l’instant, c’est NON, c’est sans bonne raison et tant pis!

Et vous, qu’en pensez-vous, avez-vous eu une situation semblable à gérer?